
Ce stage s’est déroulé en trois séances de 2 heures (deux personnes plus le praticien) espacées d’une semaine. Les séances comportent chaque fois une analyse de l’expérience relationnelle de l’Un à l’Autre. Il est nécessaire d’avoir suivi au minimum le stage « Du coté de l’Un » niveau 1 pour aborder correctement les techniques utilisées Du coté de l’Autre ». Il est également important d’avoir un temps de pratique (i.e. exercer sa profession) entre chaque séance de façon à pouvoir évaluer les progrès réalisés en regard des techniques et stratégies enseignées.
« Professionnellement, il y a encore quelques semaines, quand j’étais confronté à une situation professionnelle conflictuelle, il m’était très difficile de l’aborder sans que je sois dans un état de stress: Je perdais très rapidement les pédales, je m’emportais et n’arrivais plus à gérer mes émotions. Durant ces séances espacées d’une semaine, j’ai appris à reconnaître et évaluer les 3 processus complexes qui me font réagir:
– Le besoin de reconnaissance
– Mes valeurs morales – Mon empathie
Il suffisait que mon interlocuteur manipule ces processus pour me faire faire ce qu’il voulait, comme une marionnette.
J’ai appris a analyser ces situations professionnelles en évaluant de un à 10 chacun de ces processus en regard de ce que je ressentais avant et après ces entretiens. Au début, mes coefficients étaient très élevés. Je n’arrivais pas à me détacher de l’image que je donne aux autres. Mon besoin de reconnaissance était tel que je me sentais obligé d’agir, de suivre le mouvement, à n’importe quelle condition, à me soumettre. Malgré mes efforts, cela ne me faisait pas progresser professionnellement, pire, cela engendrait des frustrations et un mal-être grandissants.
Depuis ces séances, et de plus en plus facilement, je me suis surprise à faire ce que l’on me demande professionnellement, mais en limitant moi-même le périmètre d’action, en donnant les conditions d’exécution, les délais etc. J’ai pris le contrôle des opérations qui me concernent. On me relance, mais cela ne me gêne plus. Je n’ai plus le sentiment d’être prise en tort, d’être manipulée. Je me permets même de revenir sur mes conditions si nécessaire. Avant j’avais l’impression que les choses m’échappaient constamment. Je revenais avec insistance sur des détails qui finissaient par faire un « bruit de fond » et me rendait inefficace (ce besoin irrépressible de reconnaissance). J’ai appris à ne pas « parler pour ne rien dire », à être consistante. Je m’entraîne à faire des phrases courtes : sujet verbe complément. Ce n’est pas évident, je progresse, malgré quelques faux pas. Cette semaine, par exemple, j’ai rechuté : j’ai donné des détails sur mes opérations et je me suis aperçu que mon interlocuteur avait décroché et n’en avait rien à faire.
Au niveau personnel, je me dis maintenant que les autres sont assez grands, il faut leur faire confiance. Je m’exerce donc à ne plus être une béquille pour les autres (nécessité de me sentir utile voire indispensable). Être dans cet état état d’esprit fait que mon évaluation de l’empathie chute automatiquement. Maintenant cela ne me demande plus d’effort et simplifie énormément mes relations : Je décide et mes actions sont choisies. Paradoxalement, cela me permet d’avoir une écoute plus attentive et une attitude plus ouverte aux autres. »
